DÉMARCHAGE. L'association de consommateurs UFC-Que choisir a appelé les sénateurs à interdire le démarchage physique dans le domaine de la rénovation. Elle dénonce des pratiques massives, ciblant des personnes vulnérables.
Alors que les discussions sur la proposition de loi sur la fraude aux aides publiques sont en cours, l'UFC-Que choisir a interpelé les sénateurs sur le démarchage physique autour de la rénovation énergétique.
En effet, l'association de consommateurs a réalisé une analyse sur 1.000 litiges recensés par ses branches locales, dont les conclusions soulignent "l'ampleur des pratiques nocives adoptées par certains professionnels de la rénovation énergétique dans le cadre de démarchages à domicile, et leurs conséquences désastreuses". Dans un communiqué publié le 1er avril 2025, elle demande ainsi aux sénateurs, qui examinent le texte, d'interdire ce type de démarchage.
Des pratiques ciblant des personnes vulnérables
D'après l'UFC-Que choisir, les litiges autour du démarchage physique concernent bien souvent des personnes vulnérables, âgées ou en situation d'invalidité. "Elles sont la cible privilégiée des démarcheurs qui associent discours techniques, fausses allégations et pressions psychologiques pour conduire la victime à conclure un contrat l'engageant souvent sur des montants considérable", détaille l'association.
Professionnels se faisant passer pour des opérateurs publics, délai légal de rétractation non mentionné dans les contrats et non respecté, déclarations trompeuses sur les aides à la rénovation : les pratiques sont nombreuses pour pousser les personnes démarchées à conclure des contrats, qui ne seront bien souvent pas honorés. Et dans les cas où les travaux sont bien menés à terme, ils "laissent souvent place à des malfaçons".
"Un phénomène massif"
à lire aussi
Les montants associés aux 1.000 litiges recensés par l'UFC-Que choisir depuis 2018 ne sont pas des moindres. La moyenne est en effet de 20.000 euros par dossier. La majeure partie concerne des travaux d'isolation, d'installation de pompes à chaleur ou encore d'équipements de production d'énergie renouvelable. Un appel a témoignage a également été lancé en parallèle de l'analyse de ces litiges, qui a recueilli près de 400 retours en une semaine.
Selon l'UFC-que choisir, ces pratiques sont malheureusement monnaie courante. "Il ne s'agit pas de simples arnaques isolées, mais bel et bien d'un phénomène massif", insiste sa présidente, Marie-Amandine Stévenin.